FARINE LABEL ROUGE – De la graine au pain… bénit

Depuis leur lancement en 1997, les farines Label rouge «De la graine au pain»
ont développé la notoriété des blés auvergnats. En même temps qu’une filière
de qualité qui prospère aujourd’hui très au-delà de la plaine de la Limagne.


De ses champs de blé en bordure du village de Lachaux, le panorama sur la chaîne des puys tient de la carte postale. On ne saurait mieux illustrer le lien entre une production et un territoire. Un terroir. Bruno Guéguen est un pionnier de la filière «De la graine au pain», créée de toutes pièces en 1997.

55 des 125 hectares de son exploitation sont exclusivement consacrés à la production de blés qui donneront naissance à des farines de plus en plus prisées à l’échelle nationale. La genèse de cette success story toujours en germe, l’agriculteur auvergnat la connaît sur le bout des doigts. «La réflexion a débuté en 1995. Nous sortions d’une crise du blé où nous avions plus ou moins bien vendu notre production. Comme nous sommes éloignés de tous les grands pôles de consommation, nous nous sommes dit qu’il ne fallait plus qu’un seul quintal ne parte du département sans avoir été travaillé », raconte l’administrateur d’alors de la coopérative Domagri qui a fusionné en 2010 avec Limagrain.

À la conquête de la France

« Nous avons lancé une réflexion : qu’est-ce que l’on fait de notre blé ? C’est là que nous en avons conclu que nous devions aller de la graine au pain, poursuit-il. D’où le nom et la naissance de la filière. L’idée nous avait été susurrée par les Moulins d’Antoine. Ce client de Domagri voyait d’un bon œil la création d’une filière de blé auvergnate afin de sensibiliser les boulangers pour qu’ils comprennent l’intérêt de travailler de la matière première locale.»

Après avoir essaimé au niveau régional, la filière est partie depuis plusieurs années à la conquête de la France. 140 boulangers sont aujourd’hui partenaires de la filière. «Le noyau dur, qui représente 60 % du total, est toujours situé en Auvergne et les départements limitrophes comme la Corrèze. Mais ce pourcentage diminue régulièrement grâce en particulier à notre implantation dans le Sud-Ouest (Bordeaux, Toulouse, SaintJean-de-Luz), une terre de gastronomie », dévoile Sophie Arévian, responsable opérationnelle de la filière. Une forte accélération est même prévue en 2019. « Nous avons récolté et transformé
6.800 tonnes de blé en 2018. Et cette année, nous avons commandé 10.400 tonnes à la coopérative Limagrain», poursuit-elle.
Un bond en avant qui s’explique simplement. « La filière a le vent en poupe, se réjouit Bruno Guéguen. En particulier en Bretagne, où la qualité de nos blés est reconnue. Il ne faut pas oublier que le Puy-de-Dôme était considéré dans les années 1970-80 comme le grenier des blés de qualité en France.»

Ancrage auvergnat

« De nouveaux meuniers sont intéressés, confirme Sophie Arévian. Certains, installés dans le Nord-Est, se sont rapprochés de nous. Et nous travaillons à l’entrée d’un ou plusieurs nouveaux moulins dans notre démarche. Notre attrait vient du fait qu’il n’existe que deux cahiers des charges Label rouge en farine de blé en France. L’autre Label rouge est utilisé par les grands meuniers tricolores et couvre tout le territoire national.
Notre Label rouge est donc le seul à être relié à une zone géographique bien délimitée. » Un ancrage auvergnat dont l’attrait tient surtout à la qualité des farines produites et à des pratiques agricoles respectueuses de l’environnement. « Chaque année, nous essayons de mettre en place de nouvelles variétés plus résistantes aux maladies, au stress hydrique, de façon à utiliser moins de produits phytosanitaires, explique Bruno Guéguen. Cette année, j’ai effectué un seul traitement herbicide mais aucun fongicide ni insecticide. »

« Aujourd’hui, la liste des produits phytosanitaires autorisés est très restreinte. Un délai de 28 jours minimum est imposé entre le dernier traitement et la récolte. Nous effectuons aussi des contrôles en sortie de champ pour être certain qu’il n’y a aucun résidu. Enfin, le cahier des charges impose un stockage du blé sans insecticide », assure Sophie Arévian.
Pour fournir un produit optimum, les maquettes des farines, c’est à dire le pourcentage des six variétés entrant dans leur composition, sont recomposées chaque année. « Nous testons différents mélanges et retenons le meilleur. Il assure régularité et homogénéité dans la qualité ce qui offre un confort de travail aux boulangers », conclut Sophie Arévian.

 

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